Chobae
| Chobae Municipium Aelium Chobae | |
Vestiges du site archéologique Chobae | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Commune | Ziama Mansouriah |
| Wilaya | Jijel |
| Type | Site archéologique |
| Superficie | 16 ha |
| Histoire | |
| Époque | Romaine |
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Chobae[1] est un site archéologique situé à Ziama Mansouriah (wilaya de Jijel, Algérie)[2]. Dans l'Antiquité, c'était l'une des villes de la Maurétanie césarienne, puis elle devint l'une des villes de la Maurétanie sétifienne. Le site comprend un mur entourant la ville, une porte, un temple transformé en église, une fontaine et de nombreuses inscriptions funéraires.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le toponyme Chobae désigne une ancienne localité d’Afrique du Nord antique, identifiée à l’actuelle région de Ziama Mansouriah, dans le territoire de l’antique Igilgili. Son nom semble être une latinisation d’un terme berbère ancien, comme c’est le cas pour de nombreuses villes de l’époque romaine : le suffixe en -ae correspond à une adaptation grammaticale latine, souvent plurielle ou féminine. Bien que son étymologie précise reste incertaine, le nom pourrait dériver d’un radical proto-berbère (š / ch / s), lié soit à un relief (hauteur, escarpement), soit à un lieu habité ou un groupement humain. La ville est surtout connue par les sources tardives, notamment ecclésiastiques, où elle apparaît comme un siège épiscopal dans l’Afrique romaine. Le site est aujourd’hui localisé à Ziama, où des vestiges de la cité romaine ont été identifiés à quelques kilomètres à l’ouest de la commune actuelle[3], et son identification avec l’antique Choba est confirmée par des études épigraphiques et archéologiques[4],[5].
Géographie
[modifier | modifier le code]Localisation
[modifier | modifier le code]| Mare nostrum | Mare nostrum | Mare nostrum | ||
| Saldae | N | Igilgili | ||
| O Chobae E | ||||
| S | ||||
Histoire
[modifier | modifier le code]Les études historiques indiquent que le site de Choba a été découvert pour la première fois en 1850 par un détachement de l’expédition française dirigée par le général Jacques Louis Randon. Son compagnon, qui était médecin, y mit au jour des thermes publics, l’enceinte de la ville, la nécropole ainsi qu’un édifice romain réutilisé dans les années 1850. Ce dernier fut occupé par le colon « Bost », qui résidait à Choba en 1911, où l’on découvrit également une mosaïque mythologique représentant les noces de Thétis et de Pélée[6].
Les historiens et archéologues font remonter l’origine de la fondation de la ville à l’époque punique, à laquelle serait également lié le nom « Choba ». Quant à l’appellation actuelle « Ziama », elle dériverait du nom de la tribu « Zimizes », mentionnée dans une inscription datée de 128 apr. J.-C[6].
Choba a été crée sans doute durant les règnes de Nerva et Trajan, en même temps que la colonisation de Sitifis, de Cuicul et de Satafis. Cependant, sa promotion en municipe remontrait à l'empereur Hadrien (118-128), puisque celui-ci est qualifié dans une inscription de conditor municipe, c'est à dire fondateur du Municipe ou de la cité.
Enfin, la dénomination de la ville à l’époque romaine reflète l’importance d’un territoire occupé depuis des périodes très anciennes, Choba ayant contribué au développement de la civilisation dans l’espace méditerranéen. Les Romains y accordèrent un soin particulier aux fortifications : la ville était notamment entourée d’une muraille longue de 350 mètres et haute de 4 mètres, décrite par L. Firaud. Dans ce contexte, les vestiges situés à Jijel apparaissent comme secondaires en comparaison de l’ampleur des ruines de Choba[7],[6].
« Vue de l’extérieur, cette muraille présente une surface unie, mais en l’examinant de l’intérieur c'est-à-dire du côté qui fait face à l’Ouest, elle offre l’aspect d’une série d’arceaux en maçonnerie dont le vide entre les pieds-droits aurait été rempli après coup par une seconde maçonnerie de petit appareil. »
Culte chrétien
[modifier | modifier le code]En 484 apr. J.-C., l'évêque Maxime représenta le diocèse de Choba et de Maurétanie sétifienne au concile de Carthage[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Choba Municipium | Cartes Patrimoine Culturel Algérien », sur cartes.patrimoineculturelalgerien.org (consulté le )
- ↑ Stéphane Gsell, Les monuments antiques de l'Algérie, A. Fontemoing, (lire en ligne).
- ↑ « Ziama Mansouriah : sur les traces de la cité romaine de Choba », sur Djazairess, (consulté le ).
- ↑ Laporte, J.-P., « Kabylie : La Kabylie antique : « Choba » », Encyclopédie berbère, no 26, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ P. Salama, « Djidjelli », Encyclopédie berbère, no 16, (lire en ligne, consulté le )
- (ar) « شوبا" الأثرية تتألم و"لافرياد" بجزيرة الجبيلة تصنع فرحة آلاف العائلات زيامة منصورية جوهرة الساحل الجزائري » [« Le site archéologique de Choba souffre, tandis que “Lafriade”, sur l’île de Djebila, fait le bonheur de milliers de familles. Ziama Mansouriah, joyau du littoral algérien »], sur Djazairess, (consulté le )
- ↑ « jijel-archéologie : chobae_municipium », sur jijel-archeo.123.fr (consulté le ).
- ↑ Anatole Toulotte, Géographie de l'Afrique chrétienne, Oberthur, (lire en ligne).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des sites et monuments classés de la wilaya de Jijel
- Histoire de l'Algérie dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge