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Jacobinisme

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Jacobinisme
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Sceau du Club des Jacobins.
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Le jacobinisme est un courant de pensée politique qui renvoie à des principes politiques défendus pendant la Révolution française, tels la liberté et l'égalité, ou encore la souveraineté populaire, puis, plus tardivement, l'unité et l'indivisibilité de la République française. Doté d'une grande postérité politique, l'expression de « jacobin » est encore utilisée dans la vie politique française.

Particulièrement hétérogène, le jacobinisme a été divisé pendant la Révolution entre des courants radicaux (comme les Montagnards et les Hébertistes) et des courants modérés (comme les Feuillants, puis les Girondins). Parmi les jacobins célèbres, on trouve Robespierre, Danton, Camille Desmoulins ou Saint-Just, ainsi que Emmanuel-Joseph Sieyès, Napoléon Bonaparte et Condorcet[1],[2]. L'aile radicale du jacobinisme a marqué de son empreinte les périodes du Comité de salut public et de la Terreur.

Parmi les grandes réformes issues du jacobinisme, on trouve le divorce par consentement mutuel en 1792, l'égalité entre les femmes et les hommes en matière de partitionnement des héritages en 1793 et l'abolition de l'esclavage en 1794.

Le jacobinisme a toutefois connu plusieurs tendances. En 1791, lorsque le roi exerce son droit de véto, le club des Jacobins commence à prendre des positions plus radicales et à chercher à censurer des clubs politiques opposés, alors que jusqu'en 1790, les jacobins avaient soutenu le roi. Des jacobins commencent à appeler à la proclamation d'une république à partir de la fuite de Varennes.

Doctrine et positions

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Définition

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Le jacobinisme ne dispose pas, sous la Révolution française qui le voit naître, d'une doctrine unifiée et homogène[3]. Il est ainsi souvent défini comme une tendance politique, elle-même traversée par différents courants. Le point de convergence de tous les courants du jacobinisme serait une attitude ouvertement anti-absolutiste et une volonté de réaliser les principes portés par les patriotes au début de la Révolution. La franc-maçonnerie a joué un rôle dans l'élaboration d'idées jacobines[3].

De manière générale, les jacobins souhaitent une réforme complète de la France, qui touche à son organisation spatiale comme temporelle. Ils mettent ainsi en œuvre des grandes réformes visant à uniformiser le découpage administratif du territoire, ou encore le calendrier républicain[3].

Principes philosophiques

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Selon Brigitte Krulic, le rapport des jacobins à l’État-nation et à la centralisation est lié à leur adhésion aux thèses de Jean-Jacques Rousseau et à leur vision de l'universalisme républicain. Le concept de nation est promu par les jacobins, qui la considèrent comme la communauté politique souveraine et indivisible faite de citoyens égaux. L'universalisme doit donc être mis en œuvre via l'égal rapport de tous à un seul et même État, à une loi commune. Le jacobin Camille Desmoulins déclare par exemple : « Nous ne sommes plus de Chartres ou de Montlhéry, nous ne sommes plus Picards ou Bretons, nous ne sommes plus d'Aix ou d'Arras, nous sommes tous Français, tous frères ». En septembre 1792, Jean-Marie Roland de La Platière écrit : « Vous allez proclamer la république, proclamez donc la fraternité : ce n'est qu'une même chose »[3].

Jacques Guilhaumou met en évidence l'impossibilité d'assimiler jacobinisme et centralisation, évoquant même, notamment pour le cas de la Provence, un « fédéralisme jacobin » : dans Marseille républicaine (1791-1793), il note que « l’opposition classique entre le « centralisme parisien » et les réalités régionales, qui plus est entre le « centralisme jacobin » et le « fédéralisme girondin » » tient du cliché[4]. Patrice Higonnet met en évidence le rôle de schèmes de pensée issus du christianisme dans le jacobinisme, rappelant que « bien plus [de jacobins] avaient lu les Évangiles que le Contrat social »[3]. Jonathan Israel indique que les références à Rousseau sont surtout le fait des jacobins montagnards, et notamment à partir de la Terreur[5].

Si le jacobinisme est parfois associé à un rejet de la société civile, qui fait écran entre la puissance publique et les citoyens, cette affirmation doit être nuancée[3]. Les jacobins sont principalement critiques des institutions de société civile qui causaient un éclatement de l'application du droit ou qui restreignaient les libertés individuelles[3]. Les jacobins appartenant au girondisme acceptent l'existence de la société civile, notamment à partir de 1793[3].

Les jacobins sont pour la plupart des légalistes[3]. Ils rejettent l'arbitraire de l’État, qu'ils conçoivent comme la marque de l'absolutisme monarchique. Beaucoup de jacobins étaient des hommes de loi, juristes ou avocats. Le souci du droit conduit les jacobins, lors des phases de grande violence de la Révolution, comme la Terreur, à rendre légales les mesures extra-légales[3].

Droits de l'Homme

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Le jacobinisme comprend un attachement aux principes de droits de l'homme, illustré par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, puis par celle de 1793. Les deux textes sont écrits sous l'influence des jacobins ; le deuxième, notamment, est marqué par la patte de Louis de Saint-Just, jacobin montagnard. Les deux textes se veulent universalistes ; le texte de 1793 ajoute aux libertés de 1789 des droits sociaux, la souveraineté populaire, un républicanisme explicite et le devoir d'insurrection pour résister à l'oppression[3]. Comme l'écrit l'historien Patrice Higonnet, « aucune société avant ou depuis n'a jamais affirmé de manière aussi radicale les droits des individus que la France dominée par les jacobins, de tendance barnavienne, entre 1789 et 1791 »[3].

L'engagement des jacobins dans la défense des droits humains les conduira à jouer un rôle important dans l'abolition de l'esclavage. Si, par sa composition encore hétéroclite, le club avait été divisé sur cette question en 1791, nombre de ces membres s'étaient déjà engagés dans une dénonciation virulente de l'esclavage et du « lobby colonial » alors dominant : c'est le cas de l'abbé Grégoire, de Marat (auteur de Les chaînes de l'esclavage) mais aussi de Maximilien de Robespierre, qui exprime alors l'exigence fondamentale qu'est pour lui cette abolition via sa célèbre formule « Périssent les colonies plutôt qu'un principe »[6]. Les jacobins compteront d'ailleurs parmi eux le premier député noir de l'histoire de France, montagnard, le député de Saint-Domingue Jean-Baptiste Belley. Les jacobins girondins sont, dès 1789, opposés à l'esclavage, et Louis Alexandre de La Rochefoucauld propose son abolition dès la nuit du 4 août 1789[3].

En revanche, les jacobins sont plus flous sur la question des droits des femmes. En octobre 1793, les jacobins au pouvoir ordonnent la fermeture des clubs politiques féminins, ainsi que l'exécution de Marie-Antoinette d'Autriche et Olympe de Gouges. Certains jacobins sont antiféministes[3]. D'autres soutiennent l'implication des femmes dans les armées[3]. D'autres, enfin, sont féministes : Nicolas de Condorcet écrit en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes, et soutient que « celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens »[3]. Il a existé plus de cinquante clubs jacobins exclusivement féminins[3].

Politique économique

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Il n'y a pas une politique économique uniforme menée par les jacobins à travers le temps[3]. Certaines branches du jacobinisme se sont distinguées des autres courants révolutionnaires durant la Révolution, et ont pu se montrer sur certains points avant-gardistes. De manière générale, les jacobins cherchent à mettre à distance, durant la Révolution, à les fois le collectivisme et la concentration égoïste des richesses ; et comme l'écrit Higonnet, « [l]e capitalisme et ses outils étaient acceptables aux jacobins quand ils avaient prouvé être compatibles avec la santé morale du Moi et de la Nation »[3]. Les jacobins se montrent par conséquent critiques, par exemple, de la dette publique comme privée, du système bancaire et de la spéculation financière, qui sont susceptibles de réduire la liberté d'action des Hommes[3]. Ils étaient opposés à l'économie féodale et aux relations de pouvoir qu'elle sous-tendait[3].

Les premiers temps de la Révolution sont marqués par des réformes libérales relevant d'une doctrine du laisser-faire (décret d'Allarde, loi Le Chapelier supprimant les guildes et corporations), sur la base d'une doctrine promouvant l'égalité de tous devant la loi et de suppression des corps particuliers. Les jacobins soutiennent originellement le libre-échange, notamment du blé. Jusqu'en 1790 au moins, ils sont en faveur de la charité. Sous l'effet des crises économiques toutefois, et pour lutter contre la spéculation, ils soutiennent des mesures de contrôle des prix ; par ailleurs, ils se montrent plus interventionnistes et mettent en place une caisse d'aide sociale pour les plus pauvres[3]. Les jacobins acceptent qu'il existe des inégalités sociales, quoique certains, comme Fouché sous la Terreur, s'en montrent très critiques[3].

Les jacobins, du fait de leur valorisation de l'individu, défendent la propriété privée. La sensibilité sociale du jacobinisme n'est par conséquent pas une forme de communisme : si elle est critique des inégalités et appelle une intervention des pouvoirs publics, elle ne remet pas en cause la propriété, qui demeure garantie par la déclaration des droits de 1793[7]. Ainsi Danton a-t-il pu soutenir que l'égalité matérielle n'était pas possible[3]. Dans un discours d'avril 1793, Robespierre dit que « [i]l ne falloit pas une révolution sans doute pour apprendre à l’univers que l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes ; mais nous n’en sommes pas moins convaincus que l’égalité des biens est une chimère »[8].

Politique fiscale

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Les jacobins soutiennent des réformes fiscales d'ampleur. Sieyès soutient l'insertion d'un article, dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui proclame la possibilité que la taxation soit utilisée à des fins redistributives. Robespierre soutient également l'idée d'une taxation progressive en avril 1793[3].

Politique sociale

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Le club des Jacobins a été le cadre d'élaboration de doctrines visant à dépasser ce laisser-faire pour construire un État social, notamment sous l'impulsion du député Bertrand Barère, qui présente à la Convention, le , un « rapport sur la bienfaisance nationale ». Celui-ci débouche le jour-même sur un décret relatif à « l'extinction de la mendicité des campagnes » et sur un grand projet intitulé Livre de la bienfaisance nationale. Le texte du rapport propose de rompre avec l'approche par la charité, jusque-là employée pour pallier les difficultés sociales en prenant appui sur les structures de l’Église, afin de lui substituer une approche basée sur les droits sociaux et l'assistance publique. Est affirmé le devoir de la République d'agir contre les différentes situations de dépendance qui peuvent advenir au cours de la vie, selon une philosophie qui évoque le futur État social. Barère y présente aussi la solidarité nationale comme le moyen d'éradiquer une mendicité par nature « incompatible avec le gouvernement populaire » et une nécessité pour concrétiser les valeurs de liberté et d'égalité proclamées par le régime. Une analyse analogue est portée par l'historien Fabrizio Calorenni dans son ouvrage consacré à Saint-Just : « les Jacobins présentaient une pensée bien structurée dont les racines reposaient fondamentalement sur une forme de « libéralisme égalitaire », caractérisé par l’affirmation politique et sociale de l’idée d’une égalité qui est la volonté de donner vie à une conception de la liberté qui n’est pas seulement réservée à la classe possédante mais aussi, au contraire, pouvait être la plus ample possible »[9].

Au pouvoir, toutefois, les jacobins ont montré qu'ils faisaient passer ce qu'ils considéraient comme le bien de la société avant des revendications sociales individuelles. Comme le souligne Higonnet, les employés qui venaient se plaindre de leur traitement par leurs employés au sein des clubs jacobins rabroués. Les jacobins ont aussi punis les travailleurs récalcitrants dans l'industrie de défense, surtout en période de guerre[3]. Les jacobins ne croyaient pas à la lutte des classes, mais au contraire à la possibilité d'une harmonie sociale permise par la poursuite de fins justes et raisonnables[3].

Langue commune

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La politique consistant à favoriser l'usage d'une langue commune à l'ensemble du territoire national apparaît sous l'Ancien Régime[10]. Dans une logique universaliste, les jacobins militent sous la Révolution en faveur de la primauté d'un français standardisé, langue véhiculaire commune à tous les citoyens, au nom d'une libération personnelle face aux pesanteurs socio-culturelles locales. Le français est souvent défini à partir du rapport de Barère sur les idiomes étrangers et l’enseignement de la langue française, présenté à la Convention nationale au nom du comité de salut public, le 8 pluviôse an II () ; Barère ne fait toutefois alors plus partie du club des Jacobins depuis la crise de rupture des feuillants et n'exprime pas une opinion propre aux seuls révolutionnaires jacobins[11]. Dans ce discours, il appelle à populariser la langue française : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l'émigration et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle l'italien, et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreur. »[12].

Grandes réformes

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Les jacobins ont poussé la mise en œuvre de grandes réformes politiques et sociales dès les premières heures de la Révolution. En avril 1790, ils appellent à voter contre l'adoption du catholicisme comme religion d’État[3]. En juin 1790, ils rendent illégal le port de titres de noblesse (baron, duc, etc.)[3]. En juin 1790, ils font voter la Constitution civile du clergé[3]. En mai 1791, ils proposent et obtiennent que les droits civiques soient accordés aux gens de couleur libres[3]. En septembre 1792, ils font reconnaître le divorce par consentement mutuel. Ils font adopter une réforme permettant à l'héritage d'être partitionné en faveur non seulement des hommes, mais aussi des femmes[3]. En mars 1793, ils créent la Caisse nationale de prévoyance, qui vise à aider les plus pauvres avec un revenu minimum[3]. En juin 1793, ils font voter une loi accordant aux femmes et aux hommes les mêmes droits dans le partage des terres communales[3].

Le jacobinisme a toutefois connu plusieurs tendances. En 1791, lorsque le roi exerce son droit de véto, le club des Jacobins commence à prendre des positions plus radicales et à chercher à censurer des clubs politiques opposés, alors que jusqu'en 1790, les jacobins avaient soutenu le roi[3]. Des jacobins commencent à appeler à la proclamation d'une république à partir de la fuite de Varennes[3].

Les jacobins sont issus de toutes les classes sociales. Comme le remarque Higonnet toutefois, « les profils [des jacobins rejoignant les] clubs variait de région en région ». Au niveau national, les jacobins étaient souvent de la classe moyenne urbaine ou des classes favorisées[3]. Les clubs jacobins ruraux étaient très fréquentés, les jacobins ayant obtenu le soutien des classes agricoles pauvres[3]. Plus de 10 % des militants jacobins étaient des paysans[3].

L’historiographie révolutionnaire considère généralement que la sociabilité politique, portée notamment par les clubs jacobins et qui voit l'entrée massive d'un nouvel acteur dans les affaires de la Cité, le peuple, est l’un des phénomènes majeurs de la Révolution[13].

Origines (juillet 1789-mai 1790)

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La Révolution française permet rapidement l'expression de positions politiques diverses. Patrice Higonnet indique que, dans les premiers mois de la Révolution, les militants révolutionnaires prennent le nom de patriotes et qu'une pensée « proto-jacobine » s'y développe[3]. Après les journées des 5 et 6 octobre 1789, des militants s’installent dans la bibliothèque du couvent des Jacobins, situé rue Saint-Honoré à Paris ; ils prennent le nom de « Société des Amis de la Constitution ». De nombreuses sociétés des Amis de la Constitution se créent dans toute la France et s'affilient entre elles. Comme le rapportent les historiens Jean Boutier et Philippe Boutry, à la fin de 1790, « la France compte déjà plus de 300 sociétés […] l'an II, avec ses quelque 3500 créations (qui font suite aux 517 créations de janvier à septembre 1793), marque l'explosion généralisée de la sociabilité politique révolutionnaire »[14].

Les membres de la Société ont, au départ, des idées modérées. Ils sont en faveur d'une monarchie constitutionnelle, certes libérale mais non démocratique : ils reconnaissent la souveraineté nationale, et non la souveraineté populaire. Les Jacobins sont alors tous des citoyens actifs, à savoir des bourgeois capables de payer une cotisation annuelle élevée, qui correspond alors à 24 livres françaises. L'historien Albert Mathiez, dans son ouvrage consacré au club des Cordeliers, qui se situaient à la gauche des Jacobins, notait que « [m]ême quand il [le club des Jacobins] s'ouvre aux simples particuliers, l'élément parlementaire continue d'y prédominer »[15]. Ainsi, « les jacobins doivent à leur recrutement d'être un club parlementaire et bourgeois et à leur organisation d'être un club national »[15].

La force des membres du club des Jacobins est issue de l'étendue de son réseau. Si d’emblée, il entend se comporter comme la cellule mère de tout un essaim de groupements similaires, dont chaque chef-lieu de département doit posséder sa réplique, la pratique révèle au contraire que les sociétés du pays n'entendent pas se faire dicter leur conduite, générant parfois même des tensions entre elles (Aix, Marseille, Pertuis). Les Jacobins vont dès les premiers temps de la Révolution dépêcher dans tout le pays ce que l'historien Jacques Guilhaumou a identifié comme des « missionnaires patriotes »[16]. Le soutien des jacobins aux lois mettant fin au féodalisme leur vaut le soutien des paysans[3].

Hégémonie et premières dissensions (mai 1790-juin 1791)

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Les Jacobins sont majoritaires et dominants dans les premiers mois de la Révolution. Toutefois, en mai 1790, La Fayette et Mirabeau, monarchiens, se désolidarisent des mouvances révolutionnaires et créent leur propre groupe politique ; selon Patrice Higonnet, environ 10 % des jacobins basés à Paris ont alors rejoint leur mouvement[3].

Entre et mars et juin 1791, les jacobins font voter la loi Le Chapelier, qui interdit les coalitions, syndicats et corporations. Patrice Higonnet interprète cette décision comme un reflet de la sociologie des jacobins, principalement des hommes de loi (juristes, avocats) et des militaires[3]. Idéologiquement, elle s'inscrit dans la volonté jacobine d'accroître les libertés individuelles, ainsi que de réduire l'importance de la société civile à la faveur d'un face à face entre le citoyen et la puissance publique[3]. En mai 1791, les jacobins font voter une extension des droits civiques aux gens de couleur libres, en cohérence avec leur conception universaliste de la race humaine[3].

Éclatement du Club en mouvances opposées (juin 1791-mars 1792)

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La fuite de Varennes, qui a lieu en juin 1791, provoque un premier grand éclatement de l'unité jacobine. Le 16 juillet 1791, en désaccord avec les mouvements populaires violents soutenus par l'aile gauche des jacobins, Antoine Barnave décide d'acter son divorce avec ces derniers et fonde le club des Feuillants, qui se sépare de la mouvance jacobine. Ce divorce s'inscrit également dans une opposition idéologique, les Feuillants étant en faveur d'une souveraineté nationale et de l'élection de représentants, plutôt que d'une souveraineté populaire[3]. Une manifestation des Feuillants, sur le Champ-de-Mars, est durement réprimée[3]. En juillet 1791, la plupart des clubs jacobins en France prennent le parti de Barnave ; beaucoup de militants cessent leurs activités à ce moment-là[3]. En octobre, après les élections législatives du 29 août et du 5 septembre, 264 députés rejoignent le groupe politique des Feuillants, et 136 seulement celui des jacobins[3].

En septembre 1791, toutefois, les clubs jacobins en-dehors de Paris sont contrôlés par les militants demeurant fidèles à la ligne radicale et critiques de la position plus modérée de Barnave. Ils se rallient à Maximilien de Robespierre[3]. En novembre, la bascule politique se matérialise par l'élection de Jérôme Pétion de Villeneuve, un proche de Robespierre, comme maire de Paris[3]. La décision du roi d'utiliser son droit de véto à nouveau ce mois-là, pour contrer une mesure visant les nobles émigrés, revitalise les clubs jacobins, et notamment l'aile radicale de la mouvance. Les sans-culottes, situés à gauche de l'aile radicale des jacobins, se trouvent aussi renforcés par la situation[3].

Ministère jacobin et radicalisation (mars 1792-août 1792)

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La mouvance antimilitariste de la mouvance jacobine, dont Robespierre fait partie, se trouve dépassée à la fin de 1791 et au début de l'année 1792. Les jacobins, notamment parisiens, comme Jacques Pierre Brissot, Maximin Isnard et Jean-Louis Carra, poussent avec succès en faveur de la guerre. En mars 1792, Louis XVI nomme un gouvernement jacobin, dans l'objectif de discréditer le mouvement. Le gouvernement promeut la déclaration de guerre de la France aux souverains d'Europe centrale en avril 1792[3]. En juin, le maire de Paris, le jacobin Pétion, issu de l'aile girondine située entre les Feuillants et l'aile radicale, provoque un mouvement populaire ; des manifestants assaillent le roi et exigent qu'il porte le bonnet phrygien en public. La plupart des clubs jacobins soutiennent l'évènement, à l'exception de quelques clubs modérés, comme ceux du Havre et de Rouen[3]. Le 28 juin 1792, Lafayette, rejetant la radicalité de cette aile des jacobins, demande à l'Assemblée nationale de voter la dissolution du club des Jacobins ; l'hésitation des Feuillants, en rupture avec l'aile gauche jacobine, à appeler à voter pour la dissolution, provoque un échec du vote[3].

Durant l'été 1792, il apparaît clairement que la situation du roi est intenable aux yeux de la rue, du fait de son exercice du droit de véto, de son opposition aux mouvements révolutionnaires, et du souvenir de la fuite à Varennes. Les militants jacobins se radicalisent, et le club voit la figure de Robespierre s'imposer. Il remplace alors Brissot comme chef des jacobins[3]. La monarchie constitutionnelle est alors considérée comme insoutenable[3]. C'est la situation extérieure qui conduit à la radicalisation de l'aile gauche jacobine : le 25 juillet, le duc de Brunswick, commandant des armées prussiennes, signe et publie un manifeste dans lequel il met le sort de Paris dans la balance dans le cas où la famille royale était attaquée par les révolutionnaires. Robespierre appelle, à partir de la fin du mois de juillet, à ce que le roi soit déchu et qu'une nouvelle assemblée constituante soit élue. Le 3 août, 47 des 48 sections parisiennes du Club des jacobins se prononcent en faveur d'une cessation des fonctions du roi[3].

Le début du mois d'août 1792 est marqué par une agitation forte. Appuyées par les plus radicaux du club des Jacobins, dont Robespierre, et du club des Cordeliers, animé par Danton, les sections parisiennes prennent l'Hôtel de ville et y forment une Commune insurrectionnelle. La commune dirige les opérations des insurgés le . Une armée formée des fédérés bretons et marseillais, de gardes nationaux et d’ouvriers du faubourg Saint-Antoine marche sur le palais des Tuileries ; le roi et sa famille se réfugient à l'Assemblée. Une bataille s'engage et dure jusqu'à ce que le roi ordonne aux gardes suisses de cesser le feu. L'Assemblée protège le roi pmais suspend ses pouvoirs et désigne un Conseil exécutif provisoire de six membres, dont Danton est la figure dominante. Elle décide également qu'une Convention nationale élue au suffrage universel aura à rédiger une nouvelle constitution. Le , l'Assemblée livre le roi à la Commune, qui l'incarcère à la tour du Temple[17],[18].

Républicanisme jacobin radical (août 1792-septembre 1792)

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La chute de la monarchie constitutionnelle clôt un épisode de la Révolution française, et laisse les jacobins maîtres de Paris. Ils forment alors la force dominante, et sont dirigés par son ancienne aile radicale ; les jacobins modérés, comme ceux du club des Feuillants, n'en font alors déjà plus partie. Les jacobins organisent la censure des journaux royalistes[3]. Dès la fin de l'année, les jacobins se divisent nettement en deux groupes que sont les girondins et les montagnards[3].

Les girondins sont issus de la gauche du jacobinisme, et deviennent une force importante dès lors que l'espace politique des Feuillants (modérés) se libère. Comme le remarque Higonnet, les girondins ne s'étaient pas opposés à la vente des biens des émigrés, ni au retrait du nom du roi des documents officiels, ni encore à la suppression des ordres religieux ; toutefois, à partir du milieu de 1792, ils s'inquiètent de l'influence grandissante de l'aile gauche du jacobinisme représentée par les montagnards. Durant l'été 1792, les girondins protestent contre les arrestations des Feuillants, auxquels ils s'étaient jadis opposés, par les jacobins radicalisés[3]. Les girondins craignent notamment la commune insurrectionnelle de Paris, dirigée par les sans-culottes, ainsi que Georges Jacques Danton, récemment nommé ministre de la Justice, et qui bénéficie du soutien des parisiens insurgés[3].

En septembre 1792, des massacres et exécutions sommaires de personnes soupçonnées d'être des contre-révolutionnaires inquiètent les girondins, tandis que les jacobins montagnards les soutiennent (en tant qu'il se serait agi d'« un mouvement populaire et non une sédition partielle », selon Robespierre), et que les autres jacobins demeurent passifs. Le 2 septembre, Robespierre et Jean-Paul Marat essaient de faire arrêter Brissot et les girondins ; l'opération échoue du fait de l'opposition de Danton, qui les sauve ainsi[3].

Lutte entre les jacobins girondins et les jacobins montagnards (septembre 1792-juin 1793)

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Les jacobins de tendance girondine tiennent les rennes du gouvernement. Ils hésitent toutefois, durant le mois de septembre, sur la conduite à tenir. Ils voient la victoire de Valmy comme l'occasion d'un retour au calme. Certains girondins, comme Antoine-Joseph Gorsas, soutiennent les massacres de septembre, mais ils deviennent minoritaires. Fin septembre, la mouvance girondine s'exprime en faveur d'un statu quo dans la Révolution[3].

Une lutte entre les girondins et les montagnards commencent alors. Au début du mois d'octobre, les girondins demandent qu'une enquête fasse la lumière sur les massacres de septembre ; en réponse, Robespierre attaque que ceux qui voudraient « la Révolution sans la révolution »[3]. Comme le rapporte Higonnet, « le 29 octobre 1792, Jean-Baptiste Louvet attaque Robespierre en le qualifiant de démagogue insolent »[3]. Brissot et les Girondins sont exclus du club des Jacobins en octobre, provoquant une scission officielle[3]. Lors d'un débat à la Convention nationale, Robespierre et Louvet présentent chacun leur position ; le premier gagne le débat en remportant l'adhésion des partisans de la Plaine, qui hésite entre la Gironde et la Montagne[3]. Ainsi, les girondins sont incapables de bloquer la tenue du procès de Louis XVI, dont ils craignent l'effet catalyseur[3]. S'ils soutiennent que le roi est bien coupable, ils refusent qu'il soit mis à mort, et exigent le cas échéant qu'un référendum sur le sujet se tienne[3]. Dans un renversement de positions, les jacobins montagnards refusent un référendum, sachant que la population risquerait de s'opposer à l'exécution du roi[3].

Au début de 1793, la Plaine et les jacobins non-affiliés aux deux mouvances principales basculent en faveur de la Montagne. Les montagnards soutiennent la nécessité de mesures extra-légales visant à pacifier la société en traquant ses ennemis de l'intérieur. Comme le souligne Higonnet, à la fin de février, le club jacobin de Marseille (dominé par les montagnards) appelle à ce que les députés jacobins girondins soient déchus de leurs sièges de députés. Les tentatives de réconciliation de François Buzot et Robespierre échouent le 17 mars. Les girondins tentent un coup de force en essayant de faire juger Marat en avril, sans succès. Un soulèvement des sans-culottes parisiens, favorables aux montagnards, conduit à l'encerclement de la Convention nationale et à des appels à l'arrestation des députés girondins. La Plaine finit par accepter, et les girondins sont expulsés, quittent Paris ou emprisonnés puis exécutés[3].

Le coup de force, accompagné et instrumentalisé par les jacobins montagnards, conduit à un accroissement de la ferveur révolutionnaire et militante dans les clubs. Les adhésions aux clubs jacobins s'accroissent alors. Les jacobins restants dans le parti, à savoir les montagnards, rendent illégale toute opposition à leurs rencontres politiques[3]. Les clubs jacobins provinciaux sont toutefois souvent plus légalistes que les jacobins parisiens, notamment en Normandie[3]. Certains militants républicains ou royalistes opposés à l'aile montagnarde des jacobins rejoignent des clubs jacobins non-montagnards[3].

La Terreur (juin 1793-juin 1794)

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La Terreur est l'aboutissement d'une série d'évènements qui ont lieu au début de l'année 1793, tels que les débuts de la guerre de Vendée (mars 1793), le meurtre de Marat (juillet 1793), et celui de Joseph Chalier, maire de Lyon jacobin, par des militants républicains mais anti-jacobins[3]. Les jacobins montagnards accroissent leur contrôle sur la structure étatique. Ils réussissent à reprendre le contrôle du Sud de la France, alors que Toulon avait été prise par les Angleterre, grâce à l'action de Napoléon Bonaparte notamment ; les Espagnols sont aussi repoussés dans les Pyrénées, tandis que les forces vendéennes séparatistes sont mises en déroute en décembre[3]. Les libertés publiques sont toutefois mises à mal. Paul Barras déclare qu'« [i]l faut terroriser ou s'attendre à l'être »[3]. La radicalisation du jacobinisme se fait au moment où Jacques-René Hébert est admis au club des Jacobins, c'est-à-dire à partir du [19]. Jacques Guilhaumou relève : « Pendant l'été 1793, le club [des Cordeliers] conquiert, avec l'aide des délégués de la fête du 10 août, une position hégémonique au sein du mouvement jacobin »[20] ; or, le club des cordeliers a des positions radicales qui encouragent les montagnards à réduire les libertés publiques[3].

Le Tribunal révolutionnaire est créé en mars, avant que ses pouvoirs ne soient accrus en avril, lui donnant toute latitude pour juger et condamner avec peu de garanties procédurales. Le même mois, les jacobins, dont les girondins, créent le Comité de salut public[3]. Le 24 juin 1793, la Convention dominée par les jacobins montagnards adopte la Constitution du 6 messidor an I, qui doit être appliquée dès lors que la guerre sera achevée ; elle ne le sera jamais[3]. Les montagnards participent à l'arrestation des girondins le [21]. Avec peu de contrepouvoirs, la Convention vote une loi pénale très répressive le 17 septembre 1793, qui facilite la poursuite par le Tribunal révolutionnaire de toute personne soupçonnée d'être contre-révolutionnaire[3]. Higonnet estime que 20 000 personnes sont guillotinées, et 500 000 personnes arrêtées[3]. Au dernier trimestre de 1793, les montagnards se retournent contre les sans-culottes, qu'ils soutenaient jusqu'alors, et arrêtent certaines de leurs figures[3].

Au deuxième semestre de 1793, les jacobins s'attellent à la déchristianisation, dont l'exécution est toutefois critiquée par Danton comme Robespierre, ce dernier étant critique des hébertistes[3]. Robespierre craint en effet que les répercussions diplomatiques des attaques contre les prêtres[3]. Lorsque le club des Cordeliers appelle à une insurrection populaire le 4 mars 1794, les jacobins, après avoir cherché l'apaisement, répriment les appels à la grève[3]. Hébert est exécuté le 24 mars[3].

La période de la Terreur permet toutefois aux jacobins de mettre en œuvre plusieurs politiques majeures. L'enseignement primaire gratuit et public est créé par la Convention le 19 décembre 1793. Le 4 février 1794, les jacobins prennent le décret d'abolition de l'esclavage[3]. Beaucoup de jacobins réfléchissent, au début de l'année 1794, à mettre fin à la Terreur ; Robespierre en discute avec ses alliés dès février 1794 ; Danton et Desmoulins soutiennent sa fin ainsi que le rétablissement de certaines libertés, comme la liberté de la presse[3]. Les jacobins robespierristes finissent par se retourner contre la frange modérée, les Indulgents, de peur qu'ils modèrent la révolution et fassent condamner les montagnards[3]. Danton et Desmoulins sont exécutés le 5 avril[3]. Les clubs jacobins voient leur participation baisser, les militants non-robespierristes craignant de se prononcer contre le chef[3].

Les jacobins à la fin de la Terreur (juin 1794-octobre 1795)

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Les faits qui avaient servi de justification à la Terreur s'effacent progressivement au milieu de 1794 ; notamment, la France gagne la bataille de Fleurus contre l'Autriche le 26 juin, qui réduit considérablement la menace pesant sur le territoire, ne justifiant plus la militarisation du pays[3]. La chute de Robespierre est organisée par l'agrégation de groupes disparates qui ont intérêt à la fin de la Terreur. On trouve parmi eux des militants décrits par Higonnet comme des « technocrates néo-jacobins », comme Lazare Carnot, mais aussi des girondins écartés du pouvoir (Bertrand Barère), des jacobins radicaux proches des hébertistes, à l'image de Jean-Marie Collot d'Herbois, et enfin des anciens soutiens de la Terreur écartés par Robespierre (Joseph Fouché, Paul Barras)[3].

Les jacobins demeurent une force importante à la chute de Robespierre[3]. Les militants et les dirigeants jacobins rejettent l'épisode de la Terreur comme ayant été un épisode d'excès[3]. La réaction thermidorienne freine les ardeurs jacobines[3].

Les jacobins se divisent alors en plusieurs factions. La première est la faction dite néo-jacobine, qui se regroupe autour de Emmanuel-Joseph Sieyès ; elle vise à former un juste milieu entre l'aile gauche du jacobinisme et la droite royaliste qui est en train de se reformer. Sieyès avait refusé de choisir entre les jacobins modérés issus du club des Feuillants et les jacobins radicaux en 1791[3]. La deuxième est la faction thermidorienne, d'anciens jacobins, certains actifs sous la Terreur, devenus plus modérés par conviction ou par opportunisme[3]. Les thermidoriens se distinguent par leur absence d'implication dans les actes de violences antichrétiennes[3]. La troisième, enfin, est la faction radicale, qui abandonne la logique de la Terreur mais souhaite poursuivre les idéaux des terroristes avec la même force[3].

Les jacobins de la faction radicale perdent toutefois le soutien populaire entre juillet 1794 et 1795 ; certains sont condamnés et emprisonnés, comme Jean-Baptiste Carrier ; dans plusieurs villes, dont Lyon, des jacobins sont exécutés. Lorsqu'en avril et mai 1795, des sans-culottes tentent de lancer un ultime mouvement insurrectionnel à Paris, les jacobins qui les soutiennent sont arrêtés et certains se donnent la mort d'emblée[3]. Les néo-jacobins, au gouvernement, soutiennent la décision de la Convention de dissoudre les clubs parisiens. La présence aux clubs jacobins chute[3].

Afin de reconstruire une France manquant d'élites, et dans la logique de leur soutien aux Lumières, les néo-jacobins mettent en œuvre la création des premières grandes écoles post-Ancien Régime (écoles de l'an III), à savoir l'École polytechnique (28 septembre 1794), le Conservatoire national des arts et métiers (le 10 octobre 1794), et l'École normale supérieure (30 octobre 1794)[3].

Les jacobinismes sous le Directoire (octobre 1795-novembre 1799)

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En octobre 1795, le régime du Directoire est mis en place. Inquiet de la résurgence des forces d'extrême-gauche comme du risque d'insurrection de la droite, il tolère parfois que des clubs jacobins radicaux soient reformés. Le club du Manège l'est pendant 38 jours, durant lesquels 3 000 personnes s'y inscrivent ; il est fermé par Fouché[3]. Le jacobinisme se retrouve également au sein du club du Panthéon et dispose de journaux comme Le Tribun du peuple de Gracchus Babeuf. Ce club est toutefois fermé en , et la répression qui fait suite à la Conjuration des Égaux affaiblit ce courant au profit des conservateurs[22].

Les néo-jacobins rassemblés autour de Sieyès cherchent à redéfinir un programme politique clair. Ils rejettent la Terreur et les cadres judiciaires extra-légaux, et se montrent au contraire, selon Higonnet, « extrêmement légalistes et tendant à la bureaucratie ». Ils portent une attention particulière aux droits individuels. Au pouvoir, ils abrogent les grandes lois de la Terreur, dont la loi sur les suspects[3]. Les néo-jacobins mettent fin au principe de l'élection des hauts fonctionnaires qui avait prévalue depuis 1789[3]. Ils désengagent l’État de l'économie, en privatisant des industries qui avaient été nationalisées, comme les mines de charbon, et en mettant fin aux mécanismes de contrôle de l'économie, comme le blocage des prix. L'enseignement primaire gratuit est aboli[3]. Le système judiciaire est réformé et renforcé, ainsi que le système fiscal[3]. Pour contenter l'aile radicale, Sieyès pousse des mesures telles qu'une loi qui, en 1797, retire la citoyenneté française à tous les nobles[3].

Forts de ces réformes et de la stabilité retrouvée, les néo-jacobins progressent dans les urnes lors des élections législatives d'avril 1798, notamment après la répression des royalistes lors du coup d'État du 18 fructidor an V. Cependant, la loi du 22 floréal an VI annule largement les victoires jacobines[23]. Les montagnards parviennent toutefois à revenir en force lors des élections législatives de 1799. Des lois de « salut public » sont adoptées, un emprunt forcé est imposé aux plus riches et les anciens nobles et parents d'émigrés sont transformés en otages, ce qui, selon l'historien Hervé Leuwers, rappelle 1793. La mouvance montagnarde revendique le respect des élections, la liberté d'association et la liberté de la presse, ainsi qu'une fiscalité progressive. Toutefois, cette tendance suscite une crainte de la part des « républicains directoriaux » conservateurs, qui cherchent la stabilité politique et le renforcement du régime.

Les jacobinismes sous le Consulat (novembre 1799-1804)

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Le Directoire est renversé lors du coup d'État du 18 Brumaire. Le complot est mené par Sieyès, Lucien Bonaparte et Napoléon Bonaparte ; les trois sont d'anciens jacobins, le dernier ayant même été emprisonné à la chute de Robespierre du fait de sa proximité avec les robespierristes. Par la suite les jacobins sont réprimés, avec la fermeture de la presse et des clubs[24].

Une référence républicaine (XIXe-XXe siècles)

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Aux XIXe et XXe siècles, le jacobinisme est accusé par ses détracteurs conservateurs d'être synonyme de dictature révolutionnaire, dictature de la liberté. Cette idéologie est rejetée par les libéraux tandis que les républicains, au contraire, vont puiser à cette source et se référeront toujours aux grands ancêtres jacobins. Après l'installation de la République, en 1880, le jacobinisme entre dans le patrimoine national, sous la forme d’un jacobinisme adapté consensuel.

Plus tard, et aujourd’hui encore, le jacobinisme est associé à une conception centralisatrice de la République française, faisant de Paris le lieu essentiel d’exercice du pouvoir, à la différence de ce qui existe dans les pays fédéralistes ou qui du moins ont fait de fortes dévolutions de pouvoir aux entités régionales et locales. Toutefois, historiquement les jacobins ont au contraire défendu les communes. Le terme jacobinisme est donc couramment utilisé aujourd'hui, par glissement de sens, comme synonyme de centralisme (voir aussi parisianisme). Le juriste Francis-Paul Bénoit considère que cette association est un « faux sens historique ». En effet, si les jacobins sont principalement attachés à l’unité du peuple souverain, ils défendent également l’administration communale. Il s'agit donc d'une doctrine qui s'inscrit dans le contexte de la période révolutionnaire, et qui n'a aucun rapport avec des conception centralisatrices ultérieures à cette période[25].

Postérité

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Évolutions des sens du mot

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Le concept de jacobinisme connaît une grande postérité en France, qui est en partie due à une transformation du sens accordé au terme. C'est ainsi que Francis-Paul Bénoit écrit que « Le jacobinisme a été pour une large part un rêve, souvent cruel et sanglant, sans portée institutionnelle durable. Il n’en reste pas moins pour autant, non seulement un des phénomènes politiques les plus considérables de notre histoire [de France], mais aussi une des idéologies les plus importantes de notre pays ».

Au XXe siècle, François Furet rappelle que la tradition jacobine a connu une appropriation par des mouvances politiques différentes : il peut plaire aux gaullistes, aux communistes et à la tendance jacobine existant à l'intérieur du Parti socialiste (par opposition à la « deuxième gauche »). Dans son article sur le jacobinisme (1992), il écrit « L’élasticité sémantique du terme, dans la politique française de cette fin du XXe siècle, témoigne de ce travail du temps. Jacobinisme ou jacobin peuvent y désigner, selon les cas, des prédilections très diverses : l’indivisibilité de la souveraineté nationale, la vocation de l’État à transformer la société, la centralisation gouvernementale et administrative, l’égalité des citoyens garantie par l’uniformité de la législation, la régénération des hommes par l’école républicaine, ou simplement le goût sourcilleux de l’indépendance nationale »[26].

Malgré toutes ces acceptions, que Furet qualifie de « nébuleuse de sens », un dénominateur commun demeure en « la figure centrale de l’autorité publique souveraine et indivisible, dominant la société civile ». Cela est, pour l'historien, un paradoxe, car « l’histoire du club des Jacobins est celle d’une incessante usurpation sur la Convention, régulièrement investie de la souveraineté du peuple par l’élection de septembre 1792. Mais ce paradoxe – outre qu’il en dit peut-être long sur la faiblesse de la tradition juridique en France et sur la tyrannie vague des souvenirs historiques – exprime aussi au bout de deux siècles une espèce d’embourgeoisement du jacobinisme, passé de l’état de patrimoine révolutionnaire au statut de propriété nationale. Parvenu à ce stade éminent de dignité historique, le concept a perdu tout caractère subversif et aussi, comme on l’a vu, tout sens précis ; mais en évoquant dans les mentalités les vertus d’un État fort, porteur du progrès et figure imprescriptible de la nation, il permet de joindre sa tradition à celle qui l’a précédée et à celle qui l’a suivie, et de recoudre ce que la Révolution avait déchiré : formant un pont entre l’ancienne monarchie et l’État napoléonien, la tradition jacobine retrouve un air de famille »[26].

Pierre Rosanvallon estime que le jacobinisme, qui s'est traduit au cours de la Révolution française, avec la loi Le Chapelier (1791), par le rejet des corps intermédiaires, se manifeste aujourd'hui dans la vie politique française par une « culture de la généralité » constamment activée dans les discours politiques. La recherche du meilleur régime politique passe par une volonté d'encadrer les particularités sous une même généralité. Cette caractéristique apparaît dans l'élaboration des lois[27].

Jacobinisme dans le monde

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Dans nombre de pays d'Europe, des réseaux reprenant les méthodes et le nom des Jacobins s'organisent, pour acquérir la liberté politique et de conscience, la fin de la domination de l'aristocratie, la garantie d'une constitution basée sur le peuple souverain. C'est le cas en Italie, en Pologne, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre et en Irlande, aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche-Hongrie, dans l'Empire ottoman. Ce mouvement s'appuie sur la Révolution française, les occupations militaires venant des guerres de défenses de la Révolution, et les républiques-sœurs. Il est en même temps entravé par le Directoire, le Consulat et le bonapartisme. En prolongement de ces réseaux, ou en écho à ce qui est rapporté de la Révolution française, des groupes se constituent aux États-Unis, aux Caraïbes, au Brésil[28].

Les activistes favorables à la révolution ou aux réformes en dehors de la France avaient peu de points communs avec le jacobinisme français de 1793-1794. Bien qu'ils soient souvent désignés dans l'historiographie comme des « jacobins », la majorité d'entre eux ne peuvent, selon les critères établis par Robespierre pour une attitude conforme à la volonté générale, être considérés comme tels. Parmi les rares exceptions, on peut citer Jacques Grenus, de Genève, et Joseph-Antoine Rengguer, de la principauté épiscopale de Bâle ou de la République rauracienne, respectivement. Ils ont rassemblé des partisans dans leurs régions, ont adopté des positions robespierristes et ont milité en faveur de l'adhésion à la France[29].

Le magazine américain de gauche radicale Jacobin se réclame d'un héritage socialiste tout en arborant le nom de jacobin[30].

Débats et controverses

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Illibéralisme jacobin

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Le « dérapage » illibéral du jacobinisme sous la Révolution, qui mène à la Terreur, est à l'origine d'un débat d'historiens sur le caractère consubstantiel ou non de l'illibéralisme au jacobinisme[3]. Ce débat pose la question de savoir si le jacobinisme révolutionnaire était possible, ou non, sans atteinte aux libertés publiques[3]. Benjamin Constant a critiqué les jacobins en soutenant que ces derniers n'avaient pas cherché à changer la manière dont le pouvoir était exercé, mais plutôt à faire leur le pouvoir absolu de la monarchie[3]. Patrice Higonnet rappelle que les jacobins ont, sous la Révolution, toujours gouverné « sous une pression immense », du fait des guerres, civiles et extérieures, des troubles économiques et des violences politiques en cours[3]. Il souligne par ailleurs que tous les jacobins qui sont arrivés au gouvernement ont, à un moment ou à un autre, compris la nécessité de stabiliser la Révolution et de freiner les courants les plus radicaux[31].

Unité de doctrine

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L'unité de doctrine du jacobinisme fait également débat parmi les historiens. Dans un discours donné en février 1794, Robespierre admet que « nous avons été plutôt guidés, dans des circonstances si orageuses, par l’amour du bien et le sentiment des besoins de la pairie que par une théorie exacte et des règles précises de conduite, que nous n’avions pas même le loisir de tracer ». La grande hétérogénéité des positions des mouvances jacobines durant la Révolution tendent à souligner la diversité des positions pouvant s'apparenter à du jacobinisme[3].

François Furet, dans Penser la révolution française, soutient l'existence d'une doctrine jacobine clairement identifiable (« le jacobinisme est à la fois une idéologie et un pouvoir : un système de représentations et un système d’action  »). La recherche historique universitaire récente a au contraire eu tendance à montrer qu'il n'en était rien. Ainsi, les historiens Michel Biard et Pascal Dupuy relèvent-ils : « Toutes ces sociétés ne forment pas un ensemble très cohérent, loin de se soumettre à une direction politique. L'on ne saurait valablement parler d'un "bloc jacobin" appuyé sur un réseau homogène de sociétés populaires »[32].

Notes et références

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  1. Martine Leibovici et Leonardo Eiff, « Jacobinismo/me, populismo/me, peronismo/me, republicanismo/me », dans La diagonale des conflits : Expériences de la démocratie en Argentine et en France, Éditions de l’IHEAL, coll. « Travaux et mémoires », , 293–297 p. (ISBN 978-2-37154-119-1, lire en ligne)
  2. https://shs.cairn.info/les-ideologies-politiques-modernes--9782130365334-page-41?lang=fr
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao ap aq ar as at au av aw ax ay az ba bb bc bd be bf bg bh bi bj bk bl bm bn bo bp bq br bs bt bu bv bw bx by bz ca cb cc cd ce cf cg ch ci cj ck cl cm cn co cp cq cr cs ct cu cv cw cx cy cz da db dc dd de df dg dh di dj dk et dl Patrice L. R. Higonnet, Goodness beyond virtue: Jacobins during the French Revolution, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-47061-3 et 978-0-674-47062-0)
  4. Brigitte Krulic, L'universalisme républicain, Cahiers Français n°342
  5. Jonathan I. Israel, Revolutionary ideas: an intellectual history of the French Revolution from "The rights of man" to Robespierre, Princeton Univ. Press, (ISBN 978-0-691-16971-2 et 978-0-691-15172-4)
  6. Manceron, Gilles. « 2. « Périssent nos colonies plutôt qu’un principe… » ou l’application des droits de l’homme aux colonies », Marianne et les colonies. Une introduction à l'histoire coloniale de la France, sous la direction de Manceron Gilles. La Découverte, 2005, pp. 45-62.
  7. Alexis Corbière, Jacobins! Les inventeurs de la République, Chapitre 7.
  8. Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt et Jean-Pierre Jessenne, Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, (ISBN 978-2-905637-93-2, lire en ligne)
  9. (it) Fabrizio Calorenni., L’Âme de la République, Teoria e prassi repubblicana nel pensiero politico di Saint-Just., Transeuropa, Studi e ricerche, , Capitolo terzo, Una nuova idea di Stato, 3.1.1 Il club dei Giacobini, p. 101. Nous avons proposé une traduction du texte original à partir de l’italien
  10. Francis Favereau, « Langue bretonne, nation française, République jacobine et perspective européenne », Revue internationale d’éducation de Sèvres, no 03,‎ , p. 75-84 (ISSN 1254-4590, DOI 10.4000/ries.4231, lire en ligne, consulté le )
  11. Il fait suite au rapport Talleyrand de septembre 1791 et au rapport Lanthenas du 18 décembre 1792. Voir Anne Judge, « French : a planned language? » in Carol Sanders, French TodayLanguage in Its Social Context, Cambridge University Press, 1997, 337 p., p. 25 (ISBN 0521396956).
  12. Bertrand Barère, Rapport du Comité de salut public sur les idiomes
  13. Guy Lafrance, « La figure du Législateur et l’idéal politique jacobin », Études françaises, volume 25, numéro 2-3, automne 1989, p. 89 (lire en ligne).
  14. Direction scientifique : Jean Boutier et Philippe Boutry, direction graphique : Serge Bonin, Atlas de la Révolution française sous la direction de Serge Bonin et Claude Langlois, Les sociétés politiques, numéro 6, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, , 135 p. (ISBN 2-7132-0967-6), L'implantation des sociétés, de 1789 à l'an II, p. 34
  15. a et b Albert Mathiez., Le Club des Cordeliers pendant la crise de Varennes et le massacre du Champ-de-Mars, Nouveaux documents inédits, publiés avec des éclaircissements et des notes, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, Editeur, , Introduction, « Premiers éclaircissements », p. 5
  16. Jacques Guilhaumou, Marseille républicaine : 1791-1793, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, , 261 p. (ISBN 2-7246-0605-1)
  17. Antonetti 1994, p. 205.
  18. Tulard 2014, p. 52-54.
  19. Jacques Guilhaumou, « Le Discours de salut public d’Hébert au Club des Jacobins le 21 juillet 1793 : Une rhétorique de la minorité politique », dans Minorités politiques en Révolution : 1789-1799, Presses universitaires de Provence, coll. « Le temps de l’histoire », (ISBN 978-2-8218-8551-6, lire en ligne), p. 43-61
  20. Albert Soboul, entrée rédigée par Jacques Guilhaumou, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Quadrige, Dicos Poche, 1ère édition PUF, 1989, 1ère édition « Quadrige » 2005, 3ème tirage 2014., 1ère édition puf, 1989, 1ère édition « quadrige » 2005, 3ème tirage 2014, Entrée « Cordeliers (Club des) », p. 294
  21. « 2 juin 1793 - Arrestation des Girondins », sur herodote.net (consulté le )
  22. Hervé Leuwers, La Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, , 390 p. (ISBN 978-2-13-082509-8 et 2-13-082509-5, OCLC 1192544759), p. 271-273
  23. Hervé Leuwers, La Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, , 390 p. (ISBN 978-2-13-082509-8 et 2-13-082509-5, OCLC 1192544759), p. 275-276
  24. Hervé Leuwers, La Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, , 390 p. (ISBN 978-2-13-082509-8 et 2-13-082509-5, OCLC 1192544759), p. 299-303
  25. Bénoit Francis-Paul, « Chapitre 3 - Appréciation du jacobinisme », dans : Les idéologies politiques modernes. Le temps de Hegel, sous la direction de Bénoit Francis-Paul. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Hors collection », 1980, p. 104-118. URL : https://www.cairn.info/les-ideologies-politiques-modernes--9782130365334-page-104.htm
  26. a et b François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Idées, Champs Flammarion, p. 243
  27. Pierre Rosanvallon, Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Paris, Seuil, 2004
  28. Michel Vovelle, Les jacobins. De Robespierre à Chevènement
  29. (de) Lucas Chocomeli, Jakobiner und Jakobinismus in der Schweiz. Wirken und Ideologie einer radikalrevolutionären Minderheit 1789-1803, Berne et al., Peter Lang, , 397 p. (ISBN 3-03910-850-6), p. 18-23, 43-70, 86-113
    Avec des citations en français
  30. « Jacobin: A Marxist rag run on a lot of petty-bourgeois hustle », Nieman Lab,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  31. Patrice L. R. Higonnet, Goodness beyond virtue: Jacobins during the French Revolution, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-47061-3 et 978-0-674-47062-0)
  32. Michel Biard et Pascal Dupuy, La Révolution française, Dynamique et ruptures, 1787-1804, Paris, Armand Colin, , 356 p. (ISBN 978-2-200-24883-3), ch. VII L’apprentissage de la politique, La politique au quotidien, « clubs et sociétés politiques », p. 148

Sources primaires

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  • Alphonse Aulard, La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris, Paris, Librairie Jouaust / Librairie Noblet / Maison Quantin — édité en plusieurs volumes :
    • 1789-1790, t. Ier, , CXXVI-494 p. (lire en ligne) ;
    • Janvier à juillet 1791, t. II, , VII-634 p. (lire en ligne) ;
    • Juillet 1791 à juin 1792, t. III, , 713 p. (lire en ligne).
    • Juin 1792 à janvier 1793, t. IV, , III-709 p. (lire en ligne).
    • Janvier 1793 à mars 1794, t. V, , I-711 p. (lire en ligne).
    • Mars à novembre 1794, t. VI, , 805 p. (lire en ligne).

Bibliographie

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  • Crane Brinton, The Jacobins: An Essay in the New History, Macmillan, 1930.
  • Léon Bultingaire, Le Club des jacobins de Metz, Champion, 1906, 103 p.
  • Louis Cardenal, La province pendant la révolution, histoire des clubs jacobins (1789-1795), Payot, 1929, 517 p.
  • Anne Cottebrune, Des « réfugiés mayençais » dans le Paris révolutionnaire : histoire d'un exil politique 1793-1799 .
  • François Furet, « Le jacobinisme », in François Furet, Mona Ozouf (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, 1122 p. et 32 p. de planches en noir et en couleur.
  • Bernard Gainot, 1799, un nouveau jacobinisme ?, Paris, Éditions du CTHS, 2001, 543 p.
  • (en) Sudhir Hazareesingh (dir.), The Jacobin Legacy in Modern France : Essays in Honour of Vincent Wright, Oxford, Oxford University Press, , X-244 p. (ISBN 0-19-925646-2, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Marcel Henriot, Le Club des jacobins de Semur, 1790-1795, Rebourseau, 1933, 430 p.
  • Jules Joachim, Yvette Baradel, Les Jacobins de Delle: procès-verbaux, discours et correspondances de la Société populaire (1791-1794), Société belfortaine d'émulation, 1990, 184 p. (ISBN 2903545154)
  • Guy Lafrance, « La figure du Législateur et l’idéal politique jacobin », Études françaises, nos 2-3,‎ , p. 89-99 (lire en ligne).
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  • Bogusław Leśnodorski, Les Jacobins polonais, Société des études robespierristes, 1965, 367 p.
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  • Danièle Pingué, Les Mouvements jacobins en Normandie orientale: les sociétés politiques dans l'Eure et la Seine-Inférieure 1790-1795, Éditions du CTHS, 2001, 653 pages (ISBN 2735503968)
  • Georges Riera, « Le Jacobinisme et le mythe de sa survivance », La Revue administrative, no 117,‎ , p. 253-259 (JSTOR 40782389).
  • Pierre Rosanvallon, Le modèle politique français, la société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, collection L'Univers historique, 2004, 445 p.
  • Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien, Haro sur les Jacobins ! Sur un lieu commun de la politique française, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Questions républicaines », , 350 p. (ISBN 978-2130835936).
  • Albert Soboul, Paysans, sans-culottes et jacobins, Librairie Clavreuil, 1966, 389 p.
  • Bernard Wittmann, François Schaffner, Alsace, une langue qu'on assassine, Le livre noir du jacobinisme scolaire, 2020, 352 p. (ISBN 978-2-903850-62-3)
  • Michel Vovelle, Les Jacobins de Robespierre à Chevènement, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l'appui. Série Histoire contemporaine », , 189 p. (ISBN 2-7071-2933-X)
    Réédition : Michel Vovelle, Les Jacobins de Robespierre à Chevènement, Paris, La Découverte, coll. « La découverte-poche. Sciences humaines et sociales » (no 111), , 189 p., poche (ISBN 2-7071-3497-X, présentation en ligne).
  • Gérard Walter, Histoire des jacobins, Paris, A. Somogy, , 380 p.
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  • (it) Giorgio Vaccarino, I Giacobini piemontesi (1794-1814), Ministero per Beni culturali ambientali. Pubblicazioni degli Archivi di Stato, Saggi 13, Roma, 1989 (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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